• Document: 1. Le «parler en paraboles» de Jésus dans les évangiles Dimanche 16 JUILLET 2017 Pasteur Jean-Jacques MÜLLER (Reprise)
  • Size: 338.35 KB
  • Uploaded: 2019-02-13 16:15:52
  • Status: Successfully converted


Some snippets from your converted document:

Dimanche 16 JUILLET 2017 Pasteur Jean-Jacques MÜLLER (Reprise) Textes Matthieu 23, v. 1 à 12 Psaume 65 Ésaïe 55, v. 10 & 11 Romains 8, v. 18 à 23 Matthieu 13, v. 1 à 23 www.notes-bibliques.org Notes bibliques Pour relire avec profit un texte aussi connu et apparemment aussi simple que la parabole du semeur et dégager, si possible, des pistes nouvelles pour la prédication, il faut prendre un peu de temps pour l’exégèse, en étant attentif notamment à l’interprétation que Matthieu fait de cette parabole de Jésus. Notre étude se fait en 3 étapes. 1. Le « parler en paraboles » de Jésus dans les évan- giles Jésus a été un conteur d’histoires (D. Marguerat). Il a eu recours à des images et à des exemples, où s’entremêlent l’observation et l’imagination, le quotidien et l’exceptionnel, pour dire aux foules galiléennes la bonne nouvelle de l’irruption du Règne de Dieu et l’urgence d’un changement de comportement. Ce trésor est, sans doute seulement partiellement, conservé dans les évangiles synoptiques qui nous ont transmis 40 paraboles de Jésus et une trentaine de brèves similitudes. Si les paraboles, telles que nous les trouvons dans les évangiles, portent l’empreinte de leur transmission par les Églises primitives et du travail rédactionnel des évangélistes – elles ont été regroupées et embellies, interprétées dans un sens allégorique et moral -, elles n’en demeurent pas moins des témoignages privilégiés de la pratique de Jésus. Mais il nous faut sans doute renoncer à vouloir départager, comme J. Jeremias par exemple a tenté de le faire, ce qui relève de Jésus et ce qui relève de la tradition, de l’Église et des évangélistes et les lire dans le contexte de l’évangile dont elles font partie. 1.1 Essai de définition : nature et fonction de la parabole Il se pose, à propos des paraboles de Jésus, un problème de définition. Qu’est- ce qu’une parabole  ? est-elle une allégorie, une métaphore développée, un exemple servant de moyen de persuasion, un modèle à mettre en pratique, une  Bildrede  (un discours imagé) cachant une pensée ? Quelle est sa fonction ? Ces questions sont au cœur des débats actuels sur les paraboles évangéliques. Nous les évoquons brièvement. Le mot grec parabolè a plusieurs significations : action de s’écarter du droit chemin, choc d’une rencontre, projection des rayons du soleil, rapprochement et comparaison entre plusieurs choses… Dans la Rhétorique, Aristote en fait une figure du discours et de l’argumentation  : la parabole (la comparaison) est, comme la fable, une histoire inventée à laquelle l’orateur, faute de preuve plus contraignante, a recours comme exemple et moyen de persuasion (Rhét. 1 II,20). Dans la mesure où la parabole présuppose un rapport, une ressemblance entre l’histoire inventée et la réalité, elle est proche de la forme plus poétique qu’est la métaphore : « La similitude (eikôn), écrit Aristote en Rhét. III,4, est aussi une métaphore : de fait la différence est mince ». Mais c’est surtout dans la Poétique, où il la définit comme « l’application à une chose d’un nom qui lui est étranger » (Poét. 21,57b6), qu’Aristote traite de la métaphore. Elle est une association inattendue (une collision) de mots, un mot étant substitué à un autre. Dans la mesure où elle est une métaphore originale (vive, dira Paul Ricoeur), elle suggère un excès de sens, un sens ouvert ; elle est une création poétique qui fait advenir un autre monde et non un simple exemple destiné à persuader. Dans la parabole, le procédé métaphorique serait étendu à un récit (P. Ricoeur). Parabole-exemple ou parabole-métaphore ? Exégètes et théologiens sont partagés. Il ne faut pas seulement retenir l’arrière-plan grec. Dans les Septante (LXX), la version grecque de la Bible juive, parabolè est principalement la traduction du mot hébreu mâshâl. Le mâshâl est une brève maxime facile à retenir, mais porteuse d’un sens plus profond, voire caché, concernant la vie de l’homme ou l’œuvre de Dieu. Ce sens doit être cherché. Mâshâl peut être synonyme d’énigme comme en Ps 49,5  : «  L’oreille attentive au proverbe (mâshâl en hébreu, parabolè dans les LXX), sur ma cithare, je résous l’énigme. » Dans le Nouveau Testament, l’emploi de parabolè se limite aux évangiles synoptiques (Matthieu, Marc et Luc) et à l’Épître aux Hébreux. Dans celle-ci (9,9 ; 11,19), parabolè définit une réalité terrestre comme figure ou anticipation d’une réalité céleste et future ; il y a à la fois un lien et une différence entre les deux. Le mot est le plus fréquemment employé dans les évangiles synoptiques (17 fois chez Mt, 13 fois chez Mc et 18 fois chez Lc) où il désigne un « discours de caractère comparatif, donnant une expression complète et imagée à une pensée, mais qui à cause de

Recently converted files (publicly available):