• Document: Beaux-parents, beaux-enfants, rien n est simple! 1
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Beaux-parents, beaux-enfants, rien n’ est simple!1 2 A. Lazartigues Résumé : La relation entre le beau-parent et le bel-enfant ne peut s’ analyser qu’ en replaçant la famille recomposée dans l’histoire de chacun de ses membres. En effet, la précarisation et la contractualisation de la conjugalité conduisent à une modification du cadre de vie et d’éducation de l’enfant, encore transformé par l’apparition de nouvelles pratiques de parentalité. La syrnétrisation de la relation entre parent et enfant et l’organisation de la famille autour du principe de consensus, conduisent à étayer un individualisme qui domine te rapport à l’autre, y compris dans le cadre familial, alors que le silence de la loi sur l’organisation des nouvelles parentés nécessite de chacun l’élaboration d’un « bricolage » pour mettre de l’ordre dans la pluriparentalité. Le flou des cadres, l’individualisme et l’accent mis sur l’affectivité contribuent à rendre problématiques les liens entre beaux-parents et beaux-enfants. Mots-clés : Famille contemporaine – beau-parent – bel-enfant - famille recomposée – individualisme 1. Introduction Au cours des deux ou trois dernières décennies, beaucoup de changements sont intervenus dans notre société, mais aussi dans la famille. La famille monoparentale est devenue socialement visible dans les années soixante-dix, puis le terme de famille recomposée est apparu en 1987. La famille est devenue complexe, famille—réseau, avec le développement de couples de parents avec un parent biologique et un beau-parent et de fratries avec des demi-frères ou demi-soeurs, mais aussi des quasi-frères et des quasi- soeurs (enfants du nouveau conjoint, sans lien de sang avec 1 Communication présentée lors de la journée nationale de ta Société française de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent et disciplines associées, 9 mars 2002, Paris. In Neuropsychiatrie de l’enfance et de l’adolescence 51(2003) 153—158 2 Service de pédopsychiarrie, hôpital de Dohars, CHRU de Bresi, 29820 Bohars, BP 17, Fronce les enfants de l’autre conjoint). Deux points de vue sont alors apparus sur ces familles. Selon le premier, ces nouvelles familles « élargies» seraient sans repères, instables, marquées par le if ou de leur organisation et des places de chacun étroitement dépendantes des liens affectifs du moment. De cette situation découleraient de possibles et nombreuses difficultés relationnelles aussi bien au sein du nouveau couple que entre parents et enfants. Pour le second regard posé sur ces familles, nombreuses sont les modifications qui pourraient faire penser à une simplification et une pacification des liens entre parents comme entre parents et enfants ou, même, entre le nouveau couple composé d’un parent et d’un beau-parent, et entre les enfants et les beaux-enfants. En effet, la stigmatisation du divorce a disparu, en même temps que les relations entre parents et enfants ne sont plus organisées sur le principe de l’autorité, mais autour de discussions dans une symétrie des places de chacun propice à la reconnaissance des points de vue des enfants. La marâtre (comme le parâtre) avec ses jalousies (Blanche- neige), avec sa propension à exploiter les enfants de la disparue (Cendrillon), avec son goût pour les mauvais traitements infligés aux enfants qui ne sont pas les siens, a disparu de l’univers des enfants. Au coeur même de la famille et dans les actes les plus intimes de la vie, l’État veille à ce que l’enfant soit bien traité et nombreux sont les services (sociaux, judiciaires) qui sont de plus en plus attentifs à prévenir et sanctionner toute maltraitance à enfant. La marâtre qui se substituait à la mère biologique et instituée n’est plus de notre époque car ses agissements la conduiraient très rapidement à être sous l’attention des services sociaux, voire dans la ligne de mire d’un procureur de la République qui diligenterait une enquête policière et des sanctions suivraient. Ces deux visions de la famille contemporaine ne rendent évidemment pas compte de la complexité de la vie des familles contemporaines. Rien n’est simple dans le monde des familles, et peut-être plus encore, dans celui des familles recomposées dans lesquelles vivent 15 à 20 % des 14 millions d’enfants et adolescents que compte la France. Rien n’ est simple car les modifications de la société et de la famille ont conduit à de nouvelles parentalités qui changent considérablement les modalités de vie, d’échanges et d’organisation au sein même de la famille composée des 2 parents de l’enfant. La nouvelle conjugalité fondée sur l’affect et sur l’émancipation à l’égard de tout encadrement symbolique conduit à la trajectoire familiale de chacun de ses membres qui se constitue au fil des unions et des

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