• Document: LA LECTURE DE FACADES
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Eveil à la maison paysanne, 16e chapitre LA LECTURE DE FACADES Ce document peut-être librement utilisé et diffusé, à l’exclusion de tout usage lucratif © Jean-Yves Chauvet février 2015 Une façade est expressive, elle donne à la maison sa physionomie. En produisant d’abord une impression visuelle d’ensemble définissable en termes d’harmonie et d’esthétique, elle se rend familière et reconnaissable car il n’y a pas, dans une même famille typologique, deux maisons paysannes qui soient exactement semblables. On peut seulement leur trouver un certain air de famille, d’autant plus proche ou plus lointain que les façades d’un même lieu ou d’un même corpus ne sont pas toutes de mêmes époques. Elles se sont établies, tel que nous les découvrons aujourd’hui, de façon diachronique, selon des dates distinctes, et elles traduisent autant les conditions de leurs temps que celles de leurs lieux. Buxières-les-Clefmont (Haute-Marne), 2006. Cette façade très sobre, sous un toit de tuile creuse, affiche un évident XIXe siècle par ses ouvertures. Ne comptant que deux travées, elle se range dans la catégorie des maisons de manouvrier, la classe des paysans qui ne possédaient pas d’attelage. Bien qu’effacée, la couleur de menuiserie est intéressante, mais il faudra la dater, ce qui est difficile. L’enduit, également usé, pourrait être analysé. 1 La façade avant est une façade sociale, celle que l’on met en représentation pour être identifié et recevoir. Elle participe aux échanges que la famille, du moins son chef, entretient avec la communauté villageoise ou communale, avec sa parentèle, son voisinage. Elle est pour nous révélatrice du sens social et économique auquel les propriétaires ou les occupants de la maison ont destiné celle-ci, ce qui nous conduit à nous interroger sur l’année ou la période de datation de la façade, sur son mode de construction, sur le niveau social de son occupant, sur sa vocation agraire. Bien souvent, ces ques- tions trouvent leurs réponses dans les indices que la façade nous offre à lire. Les Arnauds (Puy-de- Dôme), 2014, la façade avant comporte de nombreuses ouvertures qui lui permettent de jouer un rôle social et fonctionnel. La façade arrière de la même maison est d’autant moins percée qu’elle s’oriente en plus au nord. L’œil regarde une façade comme il le fait d’un tableau, d’une photographie, dont les lignes de forces s’établissent aux tiers et deux tiers verticaux et horizontaux de l’image, en respectant en gros la règle dite du Nombre d’or. Le regard balaye le cadre de la façade de gauche à droite, en saisissant d’abord un effet d’ensemble qui lui permet d’apprécier les justes proportions de la façade. Il en résulte une attirance assimilable à un coup de cœur car l’intérêt que nous portons aux maisons paysannes est d’abord une question d’émotion et de sentiment. C’est ensuite que s’effectue une analyse plus ponctuelle des éléments de la façade qu’il faut d’abord discerner, comprendre et intégrer dans leur fonctionnalité pratique et sociale. 2 De quand date la façade ? La réponse la plus évidente nous vient quand elle est datée, à condition que cette date portée soit cohérente avec le style général de la façade. Bien souvent, une façade résulte de plusieurs époques, lesquelles s’inscrivent dans ses dimensions, dans la composition et le style de ses ouvertures, ce qui permet de la dater de façon relative, ou flottante. Du moins, peut-on se faire une première idée de l’âge de la maison, ne serait-ce qu’en estimant si elle s’inscrit dans le XVIIIe ou le XIXe siècle, par exemple. L’évaluation de cet âge est immédiate car elle vient au premier

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