• Document: Etude d œuvre : La Chartreuse de Parme de Stendhal
  • Size: 519.22 KB
  • Uploaded: 2018-10-15 05:25:43
  • Status: Successfully converted


Some snippets from your converted document:

Fiche Cours Nº : 91033 FRANÇAIS Toutes séries LE TALENT C’EST D’AVOIR ENVIE Etude d’œuvre : La Chartreuse de Parme de Stendhal Plan de la fiche 1. Un roman du sublime 2. Nature et élévation 3. Les personnages 4. La quête de soi Un roman du sublime Dans l’œuvre de Stendhal, on se plaît souvent à distinguer La Chartreuse de Parme des autres romans. Ainsi, Maurice Bardèche fait de La Chartreuse de Parme un miracle, un événement qui ne s’est produit qu’une seule fois dans la carrière du romancier. Gilbert Durand lui aussi, dans Le Décor mythique de La Chartreuse de Parme fait de ce roman le couronnement de l’œuvre de Stendhal. Et, en effet, comment nier que le dernier grand roman de Stendhal soit un des sommets de l’art de l’auteur, et même de la littérature en général ? Stendhal l’écrit d’une traite pendant les derniers mois de 1838 : il rédige, dicte, corrige, enfermé dans son appartement du 8 rue Caumartin, ne laissant entrer personne chez lui afin de n’être pas distrait. Il réussit le miracle de La Chartreuse de Parme, « texte clos, fermé, parfait, qui se suffit à lui-même », selon Béatrice Didier, et cependant « essentiellement ouvert et [qui] semble, pour la durée de la lecture, délivrer le lecteur de la pesanteur du temps et du destin ». Comment, sinon expliquer, du moins comprendre une telle réussite ? La Chartreuse de Parme réunit une écriture à la fois maîtrisée et libre, un sens de la composition et du rythme inégalés ainsi qu’une bonne partie des thèmes chers à Stendhal. On retrouve ainsi la figure du jeune héros, Fabrice del Dongo, qui prend naturellement place aux côtés de Julien Sorel ou Lucien Leuwen dans le « panthéon » stendhalien ; le schéma du « roman d’initiation », les lieux stendhaliens, comme l’Italie, la prison, l’eau paisible des lacs, mais aussi les figures du père substitutif, des deux amantes « rivales », et même la politique. La Chartreuse se situe donc dans la continuité de l’œuvre stendhalienne, et la notion qui résume le mieux les différents aspects de cette continuité est celle du sublime. Le mot en lui-même se retrouve sans cesse sous la plume de Stendhal, et dans La Chartreuse plus que jamais. Balzac, dans le grand article qu’il a consacré à La Chartreuse ne s’y est pas trompé puisqu’il introduit son propos par ces mots : « M. Beyle a écrit un livre où le sublime éclate de chapitre en chapitre ». Il note aussi, à la fin de son article, que le livre n’a pas « le caractère de perfection, le cachet d’irréprochable beauté » qui définissent selon lui les livres de Chateaubriand et de De Maistre ; ce trait est plus remarquable qu’il n’y paraît. Le sublime stendhalien est en effet presque contradictoire avec la rigueur et la beauté « classique » des livres que Balzac cite en exemple. Qu’est-ce que le sublime ? Que désigne exactement le terme « sublime » ? Il sert d’abord à qualifier des lieux, des paysages, des sites ou des phénomènes naturels aussi bien que des productions de l’homme (des bâtiments, des œuvres d’art). Mais il sert aussi à qualifier un état d’esprit particulier, une « grande âme » (mots que Stendhal applique volontiers à ses personnages), voire un mouvement de l’esprit particulièrement remarquable. Enfin, le substantif « sublime » désigne d’une part ce qui est le plus haut dans la hiérarchie des valeurs ou par le mérite (c’est la définition du Petit Robert) et, d’autre part, ce qui relève du « sentiment du sublime ». Le sublime apparaît comme une forme d’idéal entre le fini et l’infini, qui trouverait sa concrétisation dans la figure mathématique de l’asymptote, puisque le sublime est une tension vers un « autre », vers un « au-delà ». Grâce à lui, l’homme est « plus que l’homme », ou plutôt cherche à être plus que l’homme quand « [son] imagination atteint son maximum et dans l’effort pour le dépasser, […] s’abîme elle-même, et se faisant est plongée dans une satisfaction émouvante ». Le sublime chez Stendhal Les préromantiques, dont Madame de Staël, se sont emparés de cette notion en la transformant, mais c’est surtout Stendhal qui reprend le terme et le détourne quelque peu de son sens originel. Lui-même est d’ailleurs devenu une source pour des auteurs qui récupèrent la notion de sublime, parmi lesquels on peut citer Giono (avec notamment Le Hussard sur le toit, Angelo, Le Bonheur fou). C’est une notion véhiculée par le regard et les actions d’un ou de plusieurs individus. Le personnage romanesque est ainsi le vecteur idéal pour ressentir le sublime. Le sublime stendhalien est à la fois un idéal vers lequel les personnages doivent tendre

Recently converted files (publicly available):